Iraq

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/67/845–S/2013/245) publié 15 mai 2013.

En 2012, l’équipe spéciale de pays a signalé 355 cas de violations graves contre des enfants. Les gouvernorats les plus touchés ont été ceux de Bagdad, Kirkouk, Ninive, Diyala, Anbar et Salahaddin. L’État islamique d’Iraq/Al-Qaida en Iraq portait la responsabilité de la plupart des incidents.

Pendant la période considérée, l’équipe spéciale de pays a signalé 178 cas de meurtres et de mutilations d’enfants, dont 123 ont été vérifiés. On a recensé au total 412 victimes parmi les enfants, dont 102 ont été tués (63 garçons et 39 filles) et 310 blessés (176 garçons et 134 filles) lors de séries d’attentats coordonnés dans tout le pays, principalement au moyen d’engins explosifs improvisés. Le 3 juillet 2012, dans le district de Diwaniya du gouvernorat de Qadissiya, 12 garçons et 4 filles ont trouvé la mort et 16 garçons et 6 filles ont été blessés dans un attentat à l’engin explosif improvisé, revendiqué par l’État islamique d’Iraq/Al-Qaida en Iraq.

L’équipe spéciale de pays a reçu des informations selon lesquelles l’État islamique d’Iraq/Al-Qaida en Iraq aurait recruté des enfants dans les gouvernorats de Ninive (en particulier à Mossoul) et de Salahaddin. Dans tous les cas qui ont été confirmés, il s’agissait de garçons âgés de 14 à 17 ans qui ont rempli des fonctions auxiliaires, par exemple transporter des engins explosifs improvisés, faire le guet et poser des bombes. Le 17 mai 2012, dans le district de Mossoul du gouvernorat de Ninive, les forces de sécurité iraquiennes ont tué deux garçons âgés de 16 et 17 ans alors qu’ils s’apprêtaient, selon les informations, à poser une bombe d’accotement, technique utilisée par l’État islamique d’Iraq/Al-Qaida en Iraq.

Des informations selon lesquelles des enfants auraient été associés aux Conseils de l’éveil ont été vérifiées dans les gouvernorats de Ninive, Salahaddin et Anbar. Ces rapports indiquaient que des enfants montaient la garde à des points de contrôle après avoir été recrutés localement en utilisant de faux papiers d’identité.

En décembre 2012, 302 enfants, dont 13 filles, se trouvaient dans des centres de détention, mis en cause ou condamnés pour faits de terrorisme au titre de l’article 4 de la loi antiterroriste de 2005. Ces enfants, âgés de 15 à 17 ans en moyenne, étaient détenus depuis des périodes allant de deux mois à plus de trois ans.

Les conditions générales de sécurité ont également eu des incidences sur les écoles et les hôpitaux. Pendant la période considérée, des établissements sanitaires et scolaires ont été endommagés par des attentats aux engins explosifs improvisés et des tirs, et leur personnel a été pris pour cible. L’équipe spéciale de pays a recueilli des informations sur 42 incidents dans les gouvernorats de Bagdad, Babil, Kirkouk, Ninive, Salahaddin et Anbar, dont 15 attaques contre des écoles et 8 attaques contre des dispensaires, qui ont été confirmées. De surcroît, 19 enseignants et 17 membres du personnel médical ont été tués ou blessés en 2012. Lors d’un incident survenu le 24 septembre 2012 dans le gouvernorat d’Anbar, une voiture piégée a explosé devant l’école primaire d’Al-Kifah le jour de la rentrée scolaire, tuant 4 filles et 1 garçon et blessant 6 autres enfants.

En 2012, l’équipe spéciale de pays a également documenté 14 enlèvements d’enfants, dont 7 garçons et 7 filles. Bien que les mobiles de ces crimes n’aient pas été élucidés dans la plupart des cas, on a constaté une corrélation marquée entre les enlèvements d’enfants et le financement des activités des groupes armés non étatiques en Iraq. L’État islamique d’Iraq/Al-Qaida en Iraq serait à l’origine de la plupart des incidents. Si, dans la majorité des cas, ces enlèvements sont apparus liés au financement des activités de ces groupes armés, celui d’un garçon à Mossoul en mars 2012 aurait eu pour objectif sont recrutement forcé dans les « Oiseaux de paradis », la branche d’Al-Qaida en Iraq constituée d’enfants.

L’équipe spéciale a confirmé trois cas de refus d’accès humanitaire pendant la période considérée. Lors d’un incident le 13 juin 2012, 27 civils ont été tués et des dizaines d’autres ont été blessés lorsqu’un camion de transport servant à la livraison de fournitures humanitaires a explosé dans un camp de personnes déplacées près de Bagdad. Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

En dépit d’un engagement au plus haut niveau avec le Ministère des affaires étrangères en 2011, le Gouvernement n’a pas encore institué de mécanisme officiel en charge des graves violations contre des enfants. J’engage le Gouvernement à créer un comité interministériel pour examiner les problèmes de protection de l’enfant et y remédier en collaboration avec l’équipe spéciale de pays.

Parties en Iraq

  • État islamique d’Iraq (ISI)/Al-Qaida en Iraq (AQ-I) (a, b, d)
  • * Les parties dont le nom est souligné figurent dans les annexes depuis au moins cinq ans et sont donc considérées comme des parties qui persistent dans leurs actes. (a) Parties recrutant et utilisant des enfants. (b) Parties tuant et mutilant des enfants. (d) Parties attaquant des écoles ou des hôpitaux.