L’Armée de résistance du Seigneur et la région de l’Afrique centrale

(Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Soudan du Sud)

Information basée sur le rapport 2011 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/66/782-S/2012/261) publié 26 avril 2012.

Les violations graves commises par la LRA contre les enfants dans la région de l’Afrique centrale sont restées un grand sujet de préoccupation en 2011. Le groupe armé a poursuivi ses opérations en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Bien qu’aucune violation n’ait été relevée sur son territoire depuis 2006, l’Ouganda a poursuivi ses opérations militaires anti-LRA dans la région.

En République centrafricaine, 101 enfants (63 garçons et 38 filles) auraient été enlevés par la LRA en 2011, principalement dans les préfectures de Mbomou, Haut-Mbomou et Haute-Kotto. L’équipe spéciale de surveillance et d’information a confirmé 43 cas d’enlèvement. Toutes les filles sauf une ont été relâchées. Une jeune Congolaise qui s’était échappée en décembre 2010 a été rapatriée en République démocratique du Congo, où elle a retrouvé sa famille en janvier 2011; cinq garçons et quatre filles ont été remis à leur famille en République centrafricaine. Vingt-quatre attaques de la LRA contre des civils ont été rapportées en 2011; elles ont tué et blessé des enfants dans les préfectures de Mbomou et Haut-Mbomou. Toujours en 2011, plus de 22 523 civils ont été déplacés par des attaques ou des menaces d’attaque de la LRA. L’accès à l’aide humanitaire dans les zones contrôlées par le groupe armé est resté difficile et limité durant la période considérée.

En République démocratique du Congo, 221 attaques de la LRA ont été recensées en 2011. Dans les districts de l’Uélé (province Orientale), le groupe armé a enlevé 124 enfants (59 filles et 65 garçons) qui ont réussi à s’échapper quelques jours ou quelque mois après leur capture. Trente-neuf ont déclaré avoir été utilisés comme combattants, et 51 comme travailleurs forcés. Neuf des 59 filles sont restées plus longtemps captives; elles ont été contraintes de servir d’épouses. Au total, 180 enfants se sont enfuis en 2011. La même année, six meurtres et neuf mutilations d’enfants ont été le fait de la LRA. Les activités du groupe armé ont continué d’entraver l’action humanitaire, notamment à Faradje et Dungu, dans la province Orientale. Au total, 8 enfants étrangers (5 Soudanais et 3 Ougandais) ont été rapatriés en 2011 et 18 enfants congolais réfugiés dans des pays voisins ont été rapatriés en République démocratique du Congo.

Au Soudan, la LRA a lancé huit attaques contre des civils, touchant directement des enfants. Elle aurait en outre enlevé 13 enfants dans les États de l’Équatoria occidental et du Bahr el-Ghazal occidental en 2011. Six meurtres d’enfants ont été confirmés, dont quatre morts en captivité. Dix-huit filles âgées de 12 à 17 ans libérées par les Forces de défense populaires de l’Ouganda (FDPO) et les « gardes nationaux » ont déclaré qu’elles avaient subi des sévices sexuels en captivité. Un dispensaire d’Équatoria occidental a été pillé par la LRA.

En 2011, neuf jeunes mères ougandaises âgées de 20 à 21 ans anciennement associées à la LRA ont été transférées dans un centre d’accueil de Gulu, en Ouganda, de même que leurs enfants (8 garçons et 12 filles, tous âgés de moins de 6 ans). Elles ont par la suite retrouvé leur famille.

En mai 2011, les FDPO ont défini des procédures opérationnelles permanentes pour l’accueil et la remise des enfants et des femmes retirés des rangs de la LRA en République démocratique du Congo, au Soudan et en République centrafricaine. Il est stipulé dans les procédures que les acteurs de la protection de l’enfance doivent être informés immédiatement, et en tout état de cause dans les 48 heures, si des enfants tombent aux mains de la LRA, et que les enfants anciennement dans la LRA dont les FDPO ont la garde, quelle que soit leur nationalité, doivent leur être remis le plus rapidement possible et dans tous les cas sous les sept jours. Les FDPO, en coopération avec l’ONU, ont formé 450 soldats à l’application de ces procédures. Pour les besoins de la mise en œuvre, tous les militaires participant à des opérations anti-LRA devraient suivre une formation approfondie sur les procédures opérationnelles avant d’être déployés. Les FDPO sont invitées à les faire appliquer strictement dans leurs rangs afin que tous les enfants, notamment les jeunes Ougandais, soient remis à des acteurs de la protection de l’enfance dans les délais exigés.

Les forces de sécurité gouvernementales ont été peu présentes dans les zones aux mains de la LRA, d’où un climat d’insécurité et d’impunité qui a favorisé la mise en place de groupes d’autodéfense communautaires sans statut légal tels que les « gardes nationaux » au Soudan du Sud et les « milices d’autodéfense » en République centrafricaine. Dans les zones contrôlées par les forces de sécurité, les violations des droits de l’homme et l’absence de discipline semblent monnaie courante. Ainsi, un garçon de 14 ans enfui en mai 2011 a été retenu en otage pendant trois mois par un soldat de l’armée populaire de libération du Soudan qui a exigé d’être payé pour services rendus après la libération du jeune captif. En République centrafricaine, les forces armées centrafricaines (FACA) auraient utilisé des enfants pour exécuter diverses tâches, par exemple monter la garde aux postes de contrôle.

Parties au conflit dans la région de l’Afrique centrale (Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Soudan du Sud)

  1. Armée de résistance du Seigneur (LRA)a, b, c ( a, b, c )

* Sont soulignées les parties figurant sur les listes depuis au moins cinq ans et de ce fait considérées comme récidivistes.
a) Parties qui recrutent et utilisent des enfants.
b) Parties qui tuent et mutilent des enfants.
c) Parties qui commettent des viols et d’autres formes de violence sexuelle contre des enfants.