L’Armée de résistance du Seigneur et la région de l’Afrique centrale

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/67/845–S/2013/245) publié 15 mai 2013.

Des informations selon lesquelles des violations graves sont commises par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) contre des enfants dans la région de l’Afrique centrale continuent de parvenir à l’ONU. S’il n’a été fait état d’aucun incident de ce type au Soudan du Sud en 2012, 22 cas ont été signalés en République centrafricaine et 71 en République démocratique du Congo. Aucun incident n’a été déclaré en Ouganda depuis 2006, mais les soldats ougandais continuent de lutter contre la LRA. Ces chiffres sont toutefois purement indicatifs de la portée réelle des graves violations commises contre des enfants, étant donné que l’insécurité et la médiocrité de l’infrastructure en place continuent d’empêcher le signalement des violations. La LRA constitue toujours une menace sérieuse pour les civils de la région, puisqu’elle a fait 416 000 personnes déplacées et 26 000 réfugiés.

En République centrafricaine, 23 enfants auraient été recrutés par la LRA dans le sud-est du pays. Lors d’une attaque lancée par la LRA sur un site minier dans la ville de Nzako, relevant de la préfecture de la Haute-Kotto, six personnes au moins ont été tuées, dont plusieurs enfants. Le nombre exact d’enfants parmi les victimes n’a toutefois pas pu être vérifié.

En République démocratique du Congo, 58 enfants (23 filles et 35 garçons âgés de 2 à 17 ans) ont été enlevés par la LRA en 2012. Contrairement aux années précédentes, ils ont surtout servi de porteurs lors des pillages au lieu de participer à des attaques. Cependant, des enfants continuent d’être victimes d’attaques lancées par la LRA. Entre janvier et mai 2012, 1 fille et 1 garçon ont été tués et 1 fille et 3 garçons ont été blessés dans la préfecture du Haut-Uélé au cours de deux attaques menées par la LRA. Un cas de viol d’une fille par la LRA a été confirmé en mai 2012, et deux autres filles, qui se sont échappées du groupe en 2012, ont dit qu’elles avaient été violées en captivité. En totalité, 41 enfants (19 filles et 22 garçons) se sont échappés de la LRA ou ont été relâchés pendant la période considérée. Entre janvier et octobre 2012, la LRA a également attaqué deux centres de soins et trois écoles.

Au Soudan du Sud, aucune attaque ni aucune violation grave contre des enfants ayant la LRA pour auteur n’ont été signalées en 2012. Cependant, la LRA constitue toujours une menace pour les civils, car elle opère à partir de bases situées à l’intérieur de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine. Entre janvier et décembre 2012, des efforts ont été engagés pour que 48 enfants (34 filles et 14 garçons) qui avaient été soustraits à l’emprise de la LRA puissent retrouver leur famille.

L’Ouganda a continué de jouer un rôle moteur dans les combats contre la LRA, en fournissant 2 000 soldats à la Force régionale d’intervention que l’Union africaine a créée dans ce but. Pour respecter les procédures opérationnelles concernant le rapatriement et la remise aux autorités des enfants anciennement dans la LRA, comme convenu avec l’ONU en juin 2011, l’armée a suivi en mai et juin 2012 une formation à cet effet en Ouganda. Les forces armées de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud n’ont pas encore adopté de procédures opérationnelles concernant la remise aux autorités des enfants ayant échappé à l’emprise de la LRA.