Liban

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

L’année 2013 a été marquée au Liban par une recrudescence de la violence à la suite des explosions à l’intérieur du pays et le long de ses frontières, ainsi que des actes de violence confessionnelle entre les factions et les communautés, exacerbés par le conflit en République arabe syrienne.

L’ONU a continué de recevoir des allégations selon lesquelles des enfants auraient été utilisés dans des affrontements interconfessionnels dans les environs de Tripoli, Jabal Mohsen et Bab Tebané, et que des pressions auraient été exercées sur des enfants au Liban pour qu’ils s’associent à des groupes armés en République arabe syrienne. La plupart des allégations reçues concernaient des groupes confessionnels libanais associés à des groupes armés en République arabe syrienne. S’agissant des allégations concernant la participation d’enfants aux actes de violence armée au Liban, je prends note de la déclaration conjointe des représentants des factions de l’Organisation de libération de la Palestine et des forces d’opposition palestiniennes au Liban sur l’interdiction du recrutement et de l’utilisation d’enfants en leur sein.

En dépit des difficultés d’accès tenant aux conditions de sécurité, l’ONU a recensé 56 violations commises contre des enfants, y compris les cas de 11 enfants qui ont été tués et 21 blessés par des mines terrestres, des engins non explosés, des bombardements transfrontières à partir de la République arabe syrienne, ainsi que lors d’affrontements armés et des tirs isolés entre groupes confessionnels.

L’ONU a reçu des informations confirmées selon lesquelles 24 écoles avaient subi des dégâts pendant les affrontements entre groupes confessionnels et entre ces groupes et les forces gouvernementales, en particulier à Tripoli et Sidon, entre la faction radicale sunnite du Cheikh Ahmad al-Asir et l’Armée libanaise en juin. Au total, 36 écoles fréquentées par plus de 40 000 étudiants, dont 20 à Sidon, 9 dans le camp palestinien d’Ain el-Héloué, 5 dans le camp palestinien de Nahr el-Bared et 2 dans le camp palestinien de Beddaoui, ont été fermées temporairement en raison des menaces contre la sécurité et des affrontements dans le voisinage.

Compte tenu du grand nombre de réfugiés syriens au Liban, je remercie le Gouvernement libanais de s’efforcer d’inscrire plus de 102 000 enfants syriens dans les écoles publiques. En outre, l’UNRWA a garanti l’accès à l’éducation à plus de 7 000 enfants palestiniens réfugiés au Liban venant de la République arabe syrienne. Cependant, plus de 300 000 enfants réfugiés n’étaient toujours pas inscrits dans des écoles.

Au cours de sa visite au Liban en juillet 2013, ma Représentante spéciale s’est entretenue avec des hauts responsables du Gouvernement libanais qui se sont engagés à mener à bien le processus de ratification du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, dont est saisi le Parlement. Vers la fin de 2013, le Ministre des affaires sociales a fait appel publiquement à toutes les parties concernées au Liban, les priant de prendre des mesures concrètes pour mettre un terme à toutes les violations commises contre des enfants dans les conflits armés et pour éviter qu’elles se produisent. Compte tenu des répercussions qu’ont les conflits armés, notamment le conflit en République arabe syrienne, sur les enfants libanais et les enfants réfugiés au Liban, j’invite instamment le Gouvernement libanais à donner suite aux engagements pris auprès de ma Représentante spéciale et à l’appel par lequel le Ministre des affaires sociales a demandé la ratification du Protocole facultatif.