Libye

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

La situation des enfants en Libye est demeurée précaire en 2013 en raison des tensions politiques qui ont dégénéré en affrontements armés, dans certains cas à l’arme lourde, à Ajeilat, Chaqiqa, Ghadames, Tripoli, Benghazi et Sabha. L’ONU continuait d’avoir des difficultés à recueillir des informations faute de sécurité et d’un mandat complet pour pouvoir suivre la situation. Malgré les efforts déployés par le Gouvernement pour renforcer son emprise, un grand nombre de brigades armées sous la conduite théorique du Gouvernement ont continué de faire preuve d’un manque de discipline révélant l’absence de commandement et d’encadrement, ce qui a conduit, dans certains cas, à de graves violations contre des enfants.

L’ONU a établi que 14 enfants (12 garçons et 2 filles), âgés de 4 à 17 ans, avaient été tués et que 5 autres (4 garçons et 1 fille) avaient été blessés lors de tirs croisés, de l’utilisation d’engins explosifs artisanaux ou de tirs d’armes lourdes. Ainsi, dans les montagnes de Nafoussa, un garçonnet de 4 ans de la tribu Machachiya avait été tué en avril à Chaqiqa par une roquette qui était tombée sur la maison de ses parents lors d’un affrontement entre les tribus Machachiya et Zintan. Lors de trois incidents distincts à Benghazi les 30 juillet, 3 août et 3 novembre, quatre garçons, âgés de 2 à 15 ans, avaient été tués lors d’attaques lancées au moyen d’engins explosifs artisanaux contre leurs pères qui étaient des agents de sécurité. Le 15 novembre, à Tripoli, des membres d’une brigade Misrata dans le quartier de Ghargour près de Tripoli ont ouvert le feu sur des manifestants. Lors des affrontements qui ont suivi à Tripoli, au moins 46 personnes avaient été tuées, dont une fille de 15 ans et un garçon de 17 ans, et 516 autres blessées, dont un nombre indéterminé d’enfants.

L’ONU a enregistré à Benghazi et Sabha sept attaques lancées contre des hôpitaux, dont des explosions, des actes d’agression visant le personnel médical et des fusillades par des milices armées à l’intérieur d’installations médicales. Le 30 juillet, des hommes armés ont pénétré de force dans un service protégé de l’hôpital Al-Hawri à Benghazi pour un règlement de compte et ils ont tué un homme. Toujours à Benghazi, un engin explosif artisanal a explosé le 13 mai devant l’hôpital Al-Jalaa, tuant un garçon de 14 ans et deux adultes et blessant 30 autres personnes. Le 27 août, deux des trois hôpitaux de Benghazi ont fermé leurs portes pour protester contre les actes de violence d’éléments armés qui ont roué de coups des infirmières, poignardé des médecins et détruit du matériel. En outre, en mai 2013, un engin a explosé lors d’un attentat non revendiqué à l’intérieur d’une école dans le quartier Salmani de Benghazi mais aucune victime n’a été à déplorer. En octobre 2013, encore à Benghazi, une autre explosion a eu lieu dans l’école al‑Alwiya al-Hura.

L’ONU a poursuivi la visite des établissements pénitentiaires où des enfants étaient incarcérés, dont six garçons de 16 ans dans la prison d’al-Wihda à Misrata, détenus sans avoir été inculpés depuis 2011. J’invite le Gouvernement libyen à demander aux autorités judiciaires compétentes d’examiner ces affaires à titre prioritaire.