Libye

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/67/845–S/2013/245) publié 15 mai 2013.

En 2012, les enfants ont continué à souffrir en Libye de tensions qui ont dégénéré en affrontements armés, principalement à Bani Walid, Koufra, Syrte et Sabha, dans certains cas à l’arme lourde. Il convient de noter que l’accès aux zones de conflit et aux populations touchées est demeuré extrêmement limité pendant toute la période considérée et que les restrictions de voyage pour raisons de sécurité imposées par l’ONU ont continué de limiter la collecte de renseignements. En dépit du contrôle accru du Gouvernement, un grand nombre de brigades armées continuent de faire preuve d’un manque de discipline et leurs structures de commandement laissent à désirer, ce qui a, dans certains cas, donné lieu à de graves violations contre des enfants.

L’Organisation des Nations Unies a été informée que des enfants auraient été utilisés par des brigades armées et elle a constaté à plusieurs reprises que des enfants portaient des armes. Pendant le conflit à Koufra en février 2012, par exemple, des enfants armés montaient la garde aux points de contrôle et assuraient la sécurité de bâtiments avec des brigades Zwaya et Tabu. En juin 2012, l’Organisation des Nations Unies a vu des garçons âgés de 16 à 18 ans qui étaient armés à Koufra.

Des enfants auraient été victimes d’affrontements armés entre brigades, et entre brigades et l’armée libyenne ou la brigade Bouclier de la Libye (unité auxiliaire de l’armée libyenne). D’après les renseignements émanant du système des Nations Unies et de ses partenaires, 12 enfants au moins (8 garçons et 4 filles) ont été tués et 33 enfants (29 garçons et 4 filles) ont été blessés dans des échanges de tirs ou par des armes lourdes. Faute d’accès aux zones touchées et compte tenu du manque de données ventilées, il est probable que des cas d’enfants tués ou blessés n’aient pas été signalés. En mai et juin 2012, l’hôpital général de Koufra a enregistré 10 victimes parmi les enfants, dont 2 tués dans des affrontements armés entre les brigades Zwaya et Tabu. Des incidents liés à des restes explosifs de guerre ont également fait 22 victimes parmi les enfants à Misrata, Koufra, Syrte et Gharyan.

Selon le Ministère de l’éducation, cinq écoles de Benghazi ont été attaquées alors qu’elles servaient de bureaux de vote. Le 6 juillet 2012, un établissement scolaire utilisé pour les élections a été attaqué à l’aide d’engins explosifs improvisés et d’armes de petit calibre. Le 28 juillet 2012, un engin explosif improvisé a été démantelé dans une école à Abdelrwak, dans la région de Buhdeima, qui servait de bureau de vote. Des écoles ont été également ciblées alors qu’elles servaient d’abri aux déplacés. Le 24 juin 2012, dans la zone Zwaya de Koufra, une école dans laquelle étaient hébergés 20 déplacés a été touchée par un tir de roquettes provenant de la région de Tabu, faisant au moins cinq blessés parmi les enfants.

Pendant la période considérée, plusieurs établissements de soins ont été endommagés par des affrontements armés. L’hôpital central de Sabha a été attaqué en avril 2012 durant des combats entre les brigades Tabu et une brigade arabe. En octobre 2012, un hôpital à Bani Walid a été gravement endommagé et a vu son équipement détruit ou pillé par des brigades armées, dont la brigade Bouclier de la Libye, la brigade Bouclier de Misrata et la brigade du 28 mai, lors d’affrontements avec le conseil social des tribus de Warfalla. Faute d’un dispositif de sécurité suffisant dans les établissements de soins de Sabha au moment des combats en septembre 2012, les combattants y ont pénétré les armes à la main. Le 24 mars 2012, deux personnes, dont un infirmier, ont été abattues à l’intérieur de l’hôpital. Le 11 septembre 2012, alors que des patients y étaient traités, le centre médical de Sabha a été le théâtre d’affrontements entre des membres des tribus Alqmazfah Algdadfa et du Comité suprême de sécurité qui dépend du Ministère de l’intérieur. En outre, selon des informations communiquées à l’ONU, le personnel médical aurait reçu des menaces. Le 21 septembre 2012, le personnel médical à Sabha a manifesté contre la détérioration des conditions de sécurité à l’hôpital, se plaignant du fait que plusieurs membres du personnel médical avaient été attaqués et plusieurs autres avaient reçu des menaces.

L’ONU a recensé plusieurs cas dans lesquels l’accès humanitaire a été entravé dans les zones affectées par les conflits, notamment des enlèvements, des attaques et des menaces à l’encontre du personnel humanitaire à Koufra, Sabha, Benghazi et Misrata.