Inde

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

En Inde, l’enrôlement et l’utilisation d’enfants âgés d’à peine 6 ans par des groupes armés maoïstes connus sous le nom de « naxalites » se sont poursuivis en 2013. Bien que l’ONU ne dispose pas de données ventilées sur le nombre d’enfants associés à des groupes armés dans le pays, des sources indépendantes estiment que 2 500 enfants au moins sont concernés dans les zones où opèrent les naxalites. En particulier, ces groupes ont également continué d’enrôler des filles et des femmes. Selon le Ministère de l’intérieur, des garçons et des filles âgés de 6 à 12 ans ont été recrutés au sein de formations d’enfants (les « bal dasta » et les « bal sangham ») dans les États du Bihar, du Jharkhand, du Chhattisgarh et de l’Odisha. Ces enfants ont été utilisés comme espions ou envoyés au combat avec des armes rudimentaires telles que des bâtons. À partir de 12 ans, les enfants associés aux naxalites seraient transférés dans des formations par groupe d’âges, où ils apprendraient à manier des armes et à manipuler des engins explosifs improvisés à des fins militaires. D’après des sources gouvernementales, les naxalites auraient également continué de se servir des enfants comme boucliers humains en les envoyant combattre en première ligne. Lors de leurs campagnes de recrutement, qui visent les populations pauvres, les naxalites forcent les parents à leur céder leurs enfants sous la menace (actes de violence, voire torture ou meurtre). De même, ils menaceraient les enfants de tuer des membres de leur famille pour les dissuader de s’échapper ou de se rendre aux forces de sécurité.

L’Inde n’a pas encore criminalisé l’enrôlement et l’utilisation d’enfants. Certaines informations sur les traitements infligés aux enfants soupçonnés d’être associés à des groupes armés sont préoccupantes au plus haut point. Comme l’indique la Commission nationale de protection des droits de l’enfant dans ses directives à l’usage des forces armées et de police en contact avec des enfants dans les zones touchées par des troubles civils, les enfants arrêtés en vertu des lois de sécurité nationale sont souvent mis en détention avec les adultes, ne sont pas déférés à la justice pour mineurs et sont privés de leur droit à une procédure régulière.

Bien que l’on ne dispose pas de données ventilées faisant état du nombre d’enfants tués ou blessés lors d’affrontements entre les groupes armés maoïstes et les forces de sécurité, au moins 257 civils, 101 éléments des forces de sécurité et 97 membres des naxalites ont été tués en 2013 à l’occasion de 998 incidents. Étant donné que les enfants servent de boucliers humains aux naxalites, l’ONU craint qu’ils ne soient tués ou blessés dans les hostilités.

Par ailleurs, la présence présumée de filles dans les rangs des naxalites laisse craindre les actes de violence sexuelle. D’après le Gouvernement, plusieurs femmes autrefois associées aux naxalites ont dénoncé des agressions sexuelles, notamment des viols et d’autres formes de sévices, dans certains camps.

Les attaques des naxalites contre des écoles ont continué de faire obstacle à l’éducation des enfants dans les zones touchées par les troubles. En 2013, trois écoles auraient été la cible des naxalites. Le 15 juin, par exemple, une cinquantaine de combattants naxalites ont attaqué et fait exploser une école secondaire dans le village de Bhulsumia (Bihar). Fait préoccupant, des écoles seraient régulièrement utilisées comme casernes ou comme bases militaires, et les forces de sécurité du Gouvernement déployées dans leur voisinage. Ainsi, le 16 mars, une vingtaine de combattants naxalites auraient attaqué une école dans le district de Latehar (Jharkhand), tabassé les enseignants et détruit un mur d’enceinte en construction. Enfin, selon certaines informations, des groupes armés auraient pris de jeunes recrues directement dans les écoles du Chhattisgarh.