Mali

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

En 2013, le mécanisme de surveillance et de communication de l’information des graves violations commises contre des enfants des Nations Unies a été mis en place au Mali à la suite de l’inscription dans les annexes de mon précédent rapport annuel de Ansar Dine, du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). La situation sur le plan politique et en matière de sécurité au Mali a évolué dans un sens favorable au cours du second semestre de 2013 : l’Accord préliminaire de Ouagadougou a été signé et les élections présidentielle et législatives ont été couronnées de succès, ce qui a contribué à une réduction sensible du nombre de violations graves enregistrées. Toutefois, le MUJAO a poursuivi ses incursions armées dans les régions septentrionales de Kidal et de Gao, ce qui exposait des enfants autrefois associés à des groupes armés au risque d’être recrutés de nouveau. L’accès à la région septentrionale du Mali pour des raisons humanitaires et de suivi a été fortement restreint faute de sécurité et d’effectifs.

Tous les groupes armés dans le nord, dont Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine, le MNLA, et le MUJAO ont commis de graves violations contre des enfants. L’ONU a établi que 57 enfants – tous des garçons, dont certains avaient 11 ans à peine – avaient été recrutés et utilisés, dans la plupart des cas, au cours du premier semestre de 2013 par le MUJAO et le MNLA, et étaient affectés à des postes de contrôle ou fournissaient des services d’appui lors des combats. Des familles, des imams et des notables locaux auraient facilité le recrutement d’enfants dans des groupes armés. Les enfants confiés à des marabouts par leurs parents étaient particulièrement vulnérables et les écoles religieuses servaient souvent de lieux d’endoctrinement et de recrutement.

La détention d’enfants associés dans le passé à des parties au conflit restait un motif de préoccupation. En décembre, l’ONU avait établi que 24 enfants accusés d’avoir porté atteinte à la sécurité avaient été emprisonnés après avoir été séparés de groupes armés par les Forces armées et de sécurité du Mali au cours d’opérations militaires. Bien que l’ONU et le Gouvernement malien aient signé le 1er juillet un protocole sur la libération et la remise des enfants associés à des forces et groupes armés, au moment de l’établissement du présent rapport, neuf garçons étaient toujours détenus à Bamako, accusés d’avoir porté atteinte à la sécurité. L’ONU continuait de suivre la situation, en particulier celle des enfants détenus avant la signature du protocole.

Les enfants représentaient plus de la moitié des victimes de restes explosifs de guerre recensées au Mali, avec 6 morts et 51 blessés en 2013. En outre, des enfants ont été tués et mutilés lors d’attaques menées par des groupes armés usant parfois de tactiques terroristes. Le 23 octobre, un garçon de 6 ans a été tué lors d’un attentat-suicide à un point de contrôle de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Au mois de décembre, 147 425 élèves sont retournés dans 769 écoles qui ont été rouvertes à Gao, Kidal et Tombouctou, les régions les plus touchées par le conflit. Au plus fort du conflit en 2013, les 1 418 écoles du nord du Mali ont été fermées pendant de longues périodes. Les écoles ne pouvaient fonctionner normalement parce qu’elles étaient utilisées à des fins militaires. Ainsi, le 14 novembre, 30 éléments du MNLA avaient installé un avant-poste dans un lycée de Kidal.

Le 7 février 2013, les ministres concernés ont signé une circulaire interministérielle dans laquelle ils se sont engagés à mettre fin au recrutement d’enfants, à prévenir cette pratique et à prendre les dispositions voulues pour assurer leur réintégration. En outre, l’ONU a dispensé une formation dans le domaine de la protection des enfants à 600 éléments des Forces armées et de sécurité du Mali. Le 7 août 2013, le Gouvernement malien a accepté le mécanisme de vérification conjoint proposé par la MINUSMA pour procéder à un examen, à la fois physique et administratif, des éléments des Forces armées et de sécurité du Mali.

J’engage les autorités maliennes à rendre le mécanisme conjoint opérationnel dans les plus brefs délais et à veiller à ce que des procédures spéciales pour la séparation et la réintégration des enfants associés à des groupes ou forces armés soient intégrées dans le processus national de désarmement, démobilisation et réintégration.

Parties au Mali

1.       Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA)a, c
2.       Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)a, c
3.       Ansar Dinea, c

a              Parties recrutant et utilisant des enfants.
c              Parties violant ou commettant d’autres formes de violences sexuelles à l’encontre des enfants.