Ouganda


Information basée sur le rapport 2011 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/65/820-S/2011/250) publié 23 avril 2011. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

Conformément au plan d’action concernant les enfants associés à des forces armées que le Gouvernement ougandais et l’ONU ont signé en 2007, l’équipe spéciale de surveillance et d’information a continué ses visites aux installations des Forces de défense populaires de l’Ouganda (FDPO) pour s’assurer que ses mesures de recrutement sont mises en œuvre et que la cessation du recrutement et de l’utilisation d’enfants est respectée. Et de fait, en 2010, ni les FDPO ni les unités de défense locales n’ont recruté ni utilisé des enfants.

Hors de l’Ouganda, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a continué de commettre des violations contre des enfants au Soudan, en République démocratique du Congo et en République centrafricaine. Malgré les appels répétés de la communauté internationale à la LRA pour qu’elle libère sans condition les enfants dans ses rangs, aucun progrès n’a encore été fait en ce sens.

En République centrafricaine, au sud-est et notamment dans les préfectures de Mbomou et du Haut-Mbomou ainsi que dans les parties de la préfecture de la Haute-Kotto, 138 enfants centrafricains ont été enlevés par la LRA. En 2010, 12 enfants, dont 4 filles (dont une avec un enfant né en captivité), échappés de la LRA ont été rapatriés au Soudan, en République démocratique du Congo et en Ouganda et rendus à leur famille avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge. De multiples attaques de la LRA contre la population civile, qui ont fait des morts et des blessés chez les enfants, ont été avérées pendant la période à l’examen.

En République démocratique du Congo, 49 enfants auraient été enlevés, recrutés et utilisés par la LRA en 2010. De plus, 233 enlèvements d’enfants qu’elle avait commis avant 2010 ont été prouvés car des zones de la province Orientale sont redevenues accessibles. Le nombre d’enfants échappés de la LRA (282 – 146 garçons et 136 filles – dont 1 d’Afrique centrale et 2 du Soudan) a augmenté par rapport à 2008 et 2009 grâce notamment au durcissement des opérations militaires menées contre la LRA. En 2010, seuls 47 enfants séparés de la LRA ont dit avoir servi comme combattants et 244 ont dit avoir été astreints au travail forcé, alors qu’en 2009 la majorité des enfants enlevés auraient servi comme combattants. Enfin, 96 enfants ont dit avoir été victimes d’exploitation sexuelle.

Dans l’État de l’Equatoria occidental du Sud-Soudan, 27 enfants, dont 21 filles, ont été enlevés par la LRA en 2010. Deux fillettes soudanaises ont fui la captivité de la LRA avec des bébés. Il est avéré que des attaques de la LRA ont tué deux enfants et en ont blessé un. Neuf filles ont été violées ou sexuellement maltraitées pendant leur captivité. En tout, 24 enfants, dont 2 jeunes Congolais, ont été sauvés par l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) et les FDPO lors d’opérations militaires en 2010.

Concernant la protection des enfants, plusieurs soucis afférents aux offensives militaires des FDPO contre la LRA dans les pays voisins (voir A/64/742-S/2010/181), en particulier s’agissant du rapatriement en Ouganda des femmes et des enfants ougandais sauvés ou échappés de la LRA, ont été évoqués par l’ONU devant le Gouvernement ougandais. Ces soucis ont été rappelés, lors de sa visite de mai 2010 en Ouganda, par ma Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé dans son entretien avec le Chef des forces de défense de l’Ouganda, le général Aronda Nyakayrima. Il a ainsi été convenu que l’ONU rédigerait un projet d’instructions permanentes pour la réception et la prise en charge des femmes vulnérables et des enfants séparés de la LRA en République démocratique du Congo, au Soudan et en République centrafricaine. Ce texte a été présenté en septembre aux FDPO mais n’avait pas été approuvé lors de la rédaction du présent rapport. En 2010, la majorité (77 %) des enfants et des jeunes mères naguère associés à la LRA ont été rapatriés en Ouganda, grâce à la Direction des renseignements militaires ou aux unités de protection des enfants des FDPO, au lieu d’être immédiatement confiés à des agents pour la protection des enfants. Selon les témoignages donnés par deux enfants, il y en a qui ont passé plus de deux mois avec les FDPO ou la Direction des renseignements militaires avant d’être confiés aux organismes de protection des enfants. Selon les témoignages donnés par deux enfants, il y en a qui ont passé plus de deux mois avec les FDPO ou la Direction des renseignements militaires avant d’être confiés aux organismes de protection des enfants.

Au Sud-Soudan, les activités de rapatriement et de réintégration des enfants enlevés par la LRA sont le fait des ministères du développement social de chaque État : retour dans la collectivité d’origine des États ou pays voisins, soins provisoires, conseils aux traumatisés, recherche des familles et réunification avec elles. Toutefois, la portée de ces activités et les moyens de l’ONU pour aider les ministères restent limités faute de fonds. Il est donc urgent d’étoffer les ressources institutionnelles et humaines pour faire bénéficier ces enfants de programmes de réinsertion psychosociale.

Parties au conflit en Ouganda

  • Armée de résistance du Seigneur (LRA)