Pakistan

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

Au Pakistan, l’enrôlement par des groupes armés d’enfants, qui seraient notamment utilisés pour commettre des attentats-suicides ou poser des bombes, est resté un grave sujet de préoccupation en 2013. En mars, par exemple, la police a arrêté 11 enfants, âgés de 10 à 17 ans, que le groupe United Baloch Army aurait utilisés pour poser des engins explosifs improvisés. Au moment de l’établissement du présent rapport, ces enfants étaient détenus dans la prison de la province du Baloutchistan dans l’attente de leur procès. S’il n’a pas été possible d’établir le nombre exact d’enfants utilisés par des groupes armés, notamment dans les zones tribales sous administration fédérale, on sait toutefois que 21 enfants, âgés de 7 à 12 ans, soupçonnés de se rendre au Pakistan pour y recevoir une formation militaire des Taliban, ont été arrêtés par les Forces nationales de sécurité afghanes, le 24 octobre, dans la province du Nourestan. Les Taliban ont rejeté ces allégations.

Bien que l’on ne dispose pas du nombre exact d’enfants morts ou blessés en 2013, 18 enfants auraient été tués et 76 autres blessés dans des explosions d’engins explosifs improvisés, notamment dans les provinces du Baloutchistan et du Khyber Pakhtunkhwa. Le 22 septembre, par exemple, 81 personnes, dont un nombre indéterminé d’enfants, ont perdu la vie dans un double attentat-suicide contre l’église de Tous-les-Saints de Peshawar (Khyber Pakhtunkhwa), revendiqué par le Tehrik-i-Taliban Jandullah, groupe dissident de Tehrik-e-Taliban. Le 20 juin 2013, un autre attentat-suicide près d’une mosquée chiite de Quetta (Baloutchistan), suivi de l’explosion d’un engin explosif improvisé télécommandé à l’arrivée sur les lieux des secouristes et de civils, a fait au moins 28 morts, dont 3 enfants, et 65 blessés. Le groupe Lashkar-e-Jhangvi a revendiqué l’attentat. Le 16 février, un attentat-suicide commis par un groupe inconnu dans un marché près de Hazara Town, dans le district de Quetta, a fait 92 morts et 254 blessés, dont au moins 45 femmes et 28 enfants. À ces attentats viennent s’ajouter des attaques armées, notamment au Baloutchistan et dans la ville de Karachi, qui ont causé la mort de 7 enfants et en ont blessé 16 autres. Dans les zones tribales sous administration fédérale, un enfant a été tué et quatre autres blessés lors d’affrontements armés entre les forces de sécurité et des groupes armés ou entre groupes armés rivaux.

Les écoles, les enseignants et les élèves ont continué d’être la cible d’attaques, dont 78 ont été signalées à l’ONU, perpétrées notamment par le mouvement Tehrik-e-Taliban et des groupes locaux partageant son idéologie. Le Khyber Pakhtunkhwa a été la province la plus touchée (51 attaques), avant les zones tribales sous administration fédérale (19 attaques). Le 30 mars, deux hommes à moto ont lancé des grenades et ouvert le feu dans une école primaire de Karachi, tuant le directeur et blessant huit enfants âgés de 5 à 10 ans. Vingt-six attaques ont visé des écoles de filles. En janvier 2013, des éléments armés auraient tué cinq enseignantes et deux agents sanitaires qui rentraient en bus d’une mission d’intérêt collectif au Khyber Pakhtunkhwa. Le 26 mars, au Khyber (zones tribales sous administration fédérale), une enseignante a été exécutée par deux éléments armés non identifiés alors qu’elle se rendait à l’école avec son fils de 13 ans. Le 5 septembre, 13 écolières de moins de 10 ans ont été blessées devant l’école primaire publique de filles du district de Bannu (Khyber Pakhtunkhwa), dans un attentat à la bombe imputé aux Taliban de la région. Plusieurs écoles, notamment des écoles de filles, ont dû fermer sous la menace des groupes armés. Ainsi, le 15 avril, une faction des Taliban dirigée par Hafiz Gul Bahadur a interdit aux élèves, garçons et filles, de cinq écoles de Miranshah (Waziristan du Nord) de se rendre en classe, sous peine de représailles. L’ONU a également reçu des informations selon lesquelles les forces de sécurité pakistanaises lançaient des opérations contre les groupes armées depuis des écoles publiques dans la province de Khyber Pakhtunkhwa et dans les zones tribales sous administration fédérale.

Les agressions contre des spécialistes de la poliomyélite se sont poursuivies, entraînant la mort de plusieurs d’entre eux et de huit policiers qui les escortaient. Le 21 novembre, un groupe de 11 personnes composé de volontaires locaux et d’enseignants a été enlevé dans une école privée du Khyber où se tenait une campagne de vaccination contre la poliomyélite. Les victimes de cet enlèvement, qui aurait été commis par le groupe Lashkar-e-Islam, ont toutes été libérées quelques jours plus tard, saines et sauves. Les hôpitaux et les centres de soins ont également fait l’objet d’attaques. Le 20 avril, un attentat-suicide commis contre un hôpital du Bajaur (zones tribales sous administration fédérale) a fait au moins quatre morts, dont un employé de l’hôpital, et cinq blessés. Le 15 juin, au moins 25 civils ont été tués et plusieurs autres blessés dans des attaques coordonnées, revendiquées par Lashkar-e-Jhangvi, visant un bus d’étudiantes, puis le centre hospitalier de Quetta, où les victimes avaient été transportées.

Le Gouvernement s’est employé à renforcer sa politique de protection de l’enfance et sa législation en la matière, notamment grâce aux mesures suivantes : l’adoption d’une politique de protection de l’enfance propre au Baloutchistan et l’examen et la présentation au Conseil des ministres d’une loi sur la protection de l’enfance au Baloutchistan; l’élaboration des règlements de la Commission pour la protection et le bien-être des enfants de la province du Khyber Pakhtunkhwa et de l’Agence de protection de l’enfance de la province du Sindh; et la nomination d’un Commissaire aux droits de l’enfant au niveau fédéral et dans toutes les provinces du Pakistan. J’engage le Gouvernement pakistanais à continuer d’œuvrer à une meilleure protection des enfants. L’équipe de pays des Nations Unies au Pakistan ne demande qu’à lui apporter son concours en ce sens.