Pakistan

Information basée sur le rapport 2011 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/66/782-S/2012/261) publié 26 avril 2012.

En 2011, des groupes armés terroristes influencés par les Taliban ou Al-Qaida ou associés à ces derniers, notamment le mouvement Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), ont commis de nouveaux attentats au Pakistan. Ces attentats ont visé des installations gouvernementales, des établissements scolaires et des civils, y compris des enfants, dans le Khyber-Pakhtunkhwa, les zones tribales sous administration fédérale et des agglomérations urbaines.

En 2011, 11 cas d’enfants utilisés par des groupes armés pour perpétrer des attentats-suicides ont été signalés, concernant 10 garçons, dont certains n’avaient que 13 ans, et une fille de 9 ans. Le 3 avril 2011, un garçon a ainsi été tué et un autre arrêté dans un double attentat-suicide perpétré contre un lieu saint soufi à Dera Ghazi Khan, dans le sud du Punjab, qui a fait 50 morts et 120 blessés. Le garçon rescapé, âgé de 14 ans, a expliqué avoir été formé pendant deux mois dans des camps de Taliban du Waziristan du Nord. Le 19 août 2011, un garçon a été utilisé pour commettre un attentat-suicide dans une mosquée de la région de Ghundai de l’Agence de Khyber lors des prières du vendredi. Quarante-huit personnes ont été tuées et une centaine blessées.

En 2011, les enfants ont continué d’être victimes d’attaques indifférenciées, notamment d’attentats-suicides et d’attaques perpétrées au moyen d’engins explosifs improvisés. D’après les informations recueillies, 57 enfants ont été tués pendant la période à l’examen, par des mines terrestres, des restes explosifs de guerre et des engins explosifs improvisés (38); des explosions de bombes (11); des bombardements (4) et des attentats ciblés (4). Le 5 juin 2011, par exemple, sept personnes, dont une fille de 11 ans, ont été tuées et quatre enfants blessés lorsqu’une bombe a explosé dans un bazar situé à la périphérie de Peshawar. Le TTP a revendiqué la responsabilité de cet attentat. Le 13 septembre 2011, le TTP aurait attaqué un car scolaire dans le Khyber-Pakhtunkhwa, tuant quatre enfants.

Le nombre d’enfants tués en 2011 par des mines terrestres et autres engins explosifs demeure très préoccupant. La majorité de ces accidents ont eu lieu dans le Khyber-Pakhtunkhwa et les zones tribales, où 30 enfants ont été tués (25 garçons et 5 filles) et 49 blessés (29 garçons et 20 filles).

Tout au long de l’année, les établissements scolaires ont continué d’être la cible directe d’attentats perpétrés à la bombe ou au moyen d’engins explosifs improvisés par des groupes armés. On recense ainsi 152 cas de destruction partielle ou complète de bâtiments scolaires dans les zones tribales et le Khyber-Pakhtunkhwa. D’après le Ministère de l’éducation des zones tribales, 73 écoles ont été endommagées dans ces régions, les autres attentats ayant eu lieu dans le Khyber-Pakhtunkhwa. Lors d’un double attentat perpétré le 20 décembre 2011 dans le district de Charsadda, une école primaire publique de filles et une école primaire de garçons ont été détruites par l’explosion d’une bombe. Depuis l’Agence voisine de Mohmand, le TTP a revendiqué la responsabilité de cet attentat, qui aurait été commis en guise de représailles aux opérations militaires menées dans la région et en signe d’opposition à l’éducation séculaire et à l’éducation des filles.

En ce qui concerne l’enlèvement d’enfants, il a été signalé que le 31 août 2011, au moins 27 garçons de l’Agence de Bajaur avaient été enlevés le long de la frontière avec l’Afghanistan par des militants armés du TTP. Après la libération par le TTP de 17 enfants de moins de 10 ans et l’évasion réussie de deux autres garçons, au moins huit enfants restent entre les mains du TTP. Ils se trouveraient dans la province afghane voisine de Kunar.

Le 10 janvier 2012, le Gouverneur du Khyber-Pakhtunkhwa a officiellement adopté une politique de protection de l’enfance dans les zones tribales, en mettant en place un programme de services de protection et des divisions de protection de l’enfance dans toutes les Agences des zones tribales. Basé à Malakand, le programme Sabaoon de réinsertion et de réintégration des enfants placés en détention par les forces de sécurité pakistanaises pour association présumée avec des groupes armés a traité 29 nouveaux dossiers en 2011, ce qui porte à 170 le nombre total d’enfants accueillis par le Centre; 102 de ces enfants, dont deux filles, ont réintégré leur famille.