Somalie

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/67/845–S/2013/245) publié 15 mai 2013.

En 2012, l’équipe spéciale de surveillance et d’information a rapporté 4 660 cas de violations perpétrées contre des enfants, dont 2 051 cas de d’enfants recrutés par des forces et des groupes armés dans des camps de déplacés, des écoles et des villages (2 008 garçons et 43 filles). Al-Chabab a également contraint des enseignants à l’aider à recruter des élèves.

C’est Al-Chabab qui est le premier coupable de ces actes (1 789 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants), suivi des Forces armées nationales somaliennes (179 cas). Cinquante-trois de ces cas se sont produits après la signature par le Gouvernement fédéral de transition, le 3 juillet 2012, d’un plan d’action visant à faire cesser et à prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants . Le 9 septembre 2012, cinq garçons âgés de 16 et 17 ans ont été recrutés par les forces armées nationales dans le district de Beletweine (région de Hiran). Précédemment associés à Al-Chabab, ils en avaient déserté les rangs pour rejoindre les forces gouvernementales. En outre, en avril 2012, une jeune fille aurait perpétré un attentat-suicide au Théâtre national. La milice progouvernementale Ahlu Sunna Wal Jama’a, qui a intégré l’armée nationale en 2012, a été l’auteur de 51 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants. Le 18 février 2012, six enfants âgés de 15 à 17 ans ont été recrutés par cette milice dans le district de Beletweyne.

En 2012, l’équipe spéciale a confirmé 296 meurtres d’enfants (228 garçons et 62 filles) et 485 cas de mutilations d’enfants (326 garçons et 132 filles). Ces meurtres ont été perpétrés par des groupes armés inconnus (111), par Al-Chabab (94) et par les forces armées nationales (70). Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les quatre principaux hôpitaux de Mogadiscio ont traité, au cours de la période considérée, 230 enfants de moins de 5 ans qui avaient été blessés par des armes. Dans la plupart des cas vérifiés par l’équipe spéciale, ils ont été victimes d’échanges de tirs ou d’attaques au mortier. Ainsi, le 10 mars 2012, trois enfants âgés de 11 à 14 ans ont été blessés par des balles perdues lors d’affrontements entre Al-Chabab et les forces armées nationales dans le village de Yurkud, du district de Berdaale (région de Bay). Des enfants auraient également été tués pour espionnage. Le 18 janvier 2012, un garçon de 15 ans associé à Al-Chabab a été tué par la milice dans le district de Rabdhure (région de Bakool) parce qu’il aurait été un espion des forces armées nationales. Le 16 septembre 2012, l’équipe spéciale a été informée de cas de mauvais traitements infligés à des enfants par les forces armées nationales dans le district d’Afgoye (région du Bas-Chébéli). Selon des sources fiables, les forces armées nationales ont arrêté et détenu 10 enfants soupçonnés d’être membres d’Al-Chabab. Ils auraient été soumis, lors de leur garde à vue, à des mauvais traitements et à des actes assimilables à des tortures; cette information n’a toutefois pas pu être vérifiée.

Au cours de la période considérée, l’équipe spéciale a reçu des informations faisant état de 213 cas de violences sexuelles subies par 210 filles et 3 garçons, essentiellement dans le centre et le sud de la Somalie, aux mains des forces armées nationales (119), d’Al-Chabab (51) et de groupes armés non identifiés (43). Au terme de la période de transition et après la mise en place du nouveau Gouvernement, celui-ci a publié, le 25 novembre 2012, une déclaration dans laquelle il a reconnu que l’armée s’était rendue coupable de violences sexuelles, en s’engageant à y mettre fin. Mon Représentant spécial collaborera avec le Gouvernement pour régler une fois pour toutes la question.

Pendant la période considérée, Al-Chabab (51) et les forces armées nationales (14) ont également été responsables d’attaques visant des écoles. Al-Chabab a en outre commis, en 2012, 11 autres attaques contre des hôpitaux situés dans les régions d’Hiran (4), du Bas-Djouba (4), du Moyen-Chébéli (2) et du Moyen-Djouba (1).

L’équipe spéciale a reçu des informations concernant 1 533 cas d’enlèvements (1 458 garçons et 75 filles) au cours de la période considérée. La plupart ont été signalés dans le centre et le sud de la Somalie et sont le fait d’Al-Chabab (780) et des forces armées nationales et de milices alliées (720). Ainsi, le 28 mai 2012, une trentaine d’enfants de 12 à 17 ans ont été placés en détention, dans le couloir d’Afgoye (Bas-Chébéli), par les forces armées nationales qui les soupçonnaient d’appartenir à Al-Chabab. L’équipe spéciale enquête sur cet incident. La plupart des régions du sud et du centre de la Somalie demeuraient toutefois inaccessibles, du fait de l’insécurité ambiante.

En 2012, l’accès humanitaire a continué d’être entravé par des attaques visant des travailleurs humanitaires, par des barrages routiers et par des pillages de fournitures humanitaires, principalement dans le sud de la Somalie. En tout, on a recensé 96 attaques contre des travailleurs humanitaires ou leurs propriétés, 27 incidents concernant des interventions de secours (détournements de l’aide, pillages, saisies ou sabotages) et 20 interdictions de circuler.

Le Gouvernement fédéral de transition a signé, le 3 juillet 2012, un plan d’action visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, et, le 6 août 2012, un plan d’action pour porter un coup d’arrêt aux meurtres et mutilations d’enfants. L’application de ces plans a toutefois été retardée par les élections et la constitution du nouveau Gouvernement. Le Président a néanmoins promis de s’engager résolument à les mettre tous deux en œuvre. Le Gouvernement a indiqué qu’il avait émis des directives strictes interdisant le recrutement d’enfants dans les forces armées nationales, en précisant que la mise en œuvre du plan d’action était en voie de planification.

En octobre 2012, le Gouvernement a mis sur pied, en collaboration avec l’ONU, un comité technique mixte chargé de la coordination et de la mise en œuvre des plans d’action. Les 7 et 8 octobre 2012, l’équipe spéciale a coorganisé, avec les Ministères de la défense et de l’intérieur, un atelier de validation destiné à mettre au point des procédures opérationnelles permanentes pour le traitement et la libération des enfants qui ont été capturés, qui se sont rendus ou ont quitté les rangs de groupes armés et qui se retrouvent sous la tutelle des forces armées nationales ou de la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). En dépit des efforts déployés par l’AMISOM pour réduire les pertes civiles, les progrès ont été lents dans la mise en place de la cellule de suivi, d’analyse et d’intervention concernant les victimes civiles. L’AMISOM a toutefois organisé une formation sur la protection des femmes et des enfants dans le cadre de la formation préalable au déploiement offerte à tous les militaires de l’AMISOM.

Parties en Somalie

  1. Al-Chabab (a, b)
  2. Forces armées nationales somaliennes. Cette partie a conclu un plan d’action avec l’Organisation des Nations Unies conformément aux résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) du Conseil de sécurité. (a)
* Les parties dont le nom est souligné figurent dans les annexes depuis au moins cinq ans et sont donc considérées comme des parties qui persistent dans leurs actes. (a) Parties recrutant et utilisant des enfants. (b) Parties tuant et mutilant des enfants.