Somalie

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/68/878–S/2014/339) publié 15 mai 2014.

L’ONU a établi que le Mouvement des Chabab (908), les Forces armées nationales somaliennes et les milices alliées (209) et le Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ) (111) notamment, avaient recruté et utilisé 1 293 enfants. Les autres cas étaient imputables aux forces armées du Somaliland (15) et à des éléments armés non identifiés (36). Le Mouvement des Chabab a poursuivi sa campagne de recrutement d’enfants et de jeunes. Le 24 janvier, il a recruté six garçons, âgés d’à peine 12 ans, dans une école coranique dans le sud-ouest de Baidoa. Lors d’incidents distincts, 19 enfants, âgés d’à peine 15 ans, ont été recrutés dans le cadre de campagnes de recrutement dans le district de Bardhere, dans la région de Gedo, et dans le district de Jilib, dans la moyenne vallée du fleuve Djouba. Les Chabab utilisaient des enfants dans divers rôles, dont celui de combattants et d’agents de renseignement. Un cas particulièrement préoccupant concernait celui de 14 enfants associés à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) qui s’acquittent de diverses fonctions; ils étaient notamment affectés aux points de contrôle et aux cuisines. L’ONU entretient des relations régulières avec les responsables de l’AMISOM dans le but de régler ce problème et d’assurer une protection plus systématique des enfants.

L’arrestation et l’emprisonnement arbitraires de 1 009 enfants par les Forces armées nationales du Soudan, notamment au cours d’opérations menées contre les Chabab, sont restés un motif de grave préoccupation en 2013. Dans 11 cas, des filles qui avaient été arrêtées ont également été violées. Grâce aux efforts de l’ONU, 41 enfants détenus par l’armée nationale parce qu’ils étaient prétendument associés aux Chabab ont été libérés en 2013.

Au moins 237 enfants auraient été tués (179 garçons et 58 filles) et 494 blessés (383 garçons et 111 filles) en 2013. L’armée nationale et les milices alliées auraient fait 334 victimes chez les enfants (98 morts et 236 blessés), suivies par d’autres groupes armés non identifiés (83 morts et 174 blessés), le Mouvement des Chabab (47 morts et 67 blessés), l’AMISOM (7 morts et 14 blessés), le ASWJ (2 morts et 1 blessé) et les forces du Puntland et du Somaliland (un enfant blessé dans chaque cas). Pour la plupart, ces enfants ont été victimes de tirs croisés lors d’accrochages et de pilonnages. Trente avaient été tués et 51 blessés par des engins explosifs artisanaux. En décembre, un garçon de 16 ans a été exécuté par les Chabab pour tentative de désertion.

Dans 154 cas de violences sexuelles, 152 filles et 2 garçons ont été violés par des éléments de groupes armés non identifiés (65), des membres de l’armée nationale et des milices alliées (49), du Mouvement des Chabab (31), du ASWJ (7) et des forces du Somaliland (2). Vingt filles ont fait l’objet de violences sexuelles sous couverture de mariages forcés à la suite de leur recrutement par les Chabab. Le viol de 21 enfants par l’armée nationale et par des éléments armés non identifiés lors de 19 incidents distincts dans des camps de personnes déplacées était particulièrement préoccupant car ces camps étaient censés offrir un lieu sûr aux enfants déplacés.

On a établi que 54 attaques avaient été lancées contre des écoles et 11 contre des hôpitaux par l’armée nationale (28), le Mouvement des Chabab (18), des groupes armés non identifiés (7) et le ASWJ (1). Trente-quatre garçons ont été recrutés lors de quatre attaques lancées contre des écoles par les Chabab et un groupe armé non identifié. Par ailleurs, les Chabab ont utilisé des écoles pour leur campagne de recrutement.

En 2013, 863 garçons et 237 filles, qui avaient été associés à des forces ou groupes armés, ont été inscrits dans des programmes de réintégration dans les districts de Mogadiscio, Merka, Guriel, Dhusamareb et Afgoye. L’ONU a poursuivi le dialogue avec le Gouvernement fédéral somalien pour assurer l’application des deux plans d’action visant à prévenir le recrutement, l’utilisation et le meurtre ou les atteintes à l’intégrité physique d’enfants et d’y mettre fin. Dans le cadre de la création de la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie en juillet, un conseiller pour la protection de l’enfance a été déployé afin de faciliter ce processus. De plus, un groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé, composé de représentants du Gouvernement, de l’ONU, d’organisations non gouvernementales et de la communauté des donateurs, qui a été créé à Mogadiscio, a examiné, avant son adoption par le Gouvernement en mars 2014, un projet d’instructions permanentes relatif à la remise des enfants anciennement associés à des forces et groupes armés. Je me félicite aussi que la République fédérale de la Somalie se soit engagée à devenir partie à la Convention relative aux droits de l’enfant et à ses protocoles additionnels, en ce qui concerne en particulier la participation d’enfants à des conflits armés, et j’invite instamment le Gouvernement somalien à ratifier ces instruments.

Parties en Somalie

1.       Mouvement des Chababa, b
2.       Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ)a
3.       Armée nationale somaliennea, b,* Ÿ

 Les parties dont le nom est souligné figurent dans les annexes depuis au moins cinq ans et sont donc considérées comme des parties qui persistent dans leurs actes.

* Cette partie a conclu un plan d’action avec l’ONU conformément aux résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) du Conseil de sécurité.

a)Parties recrutant et utilisant des enfants.
b)Parties tuant et mutilant des enfants.