Soudan du Sud

Information basée sur le rapport 2012 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/67/845–S/2013/245) publié 15 mai 2013.

Pendant la période considérée, l’équipe spéciale a vérifié le recrutement et l’utilisation de 252 garçons âgés de 14 à 17 ans : 106 étaient associés à l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), 68 à une milice alliée à David Yau Yau, Gabriel Tanginyang et Peter Gadet, 53 à une milice alliée à Hassan Deng, dans l’État du Bahr-el-Ghazal septentrional, et 25 à une milice alliée au général James Kubrin Ngare. Les enfants associés à la SPLA ont été identifiés dans des convois protégeant des officiers de haut rang, portant uniforme de la SPLA, lors de campagnes de recrutement de la SPLA et dans des casernes de la SPLA.

L’équipe spéciale a indiqué qu’au cours de la période considérée, 18 garçons et 5 filles avaient été tués, et 23 garçons et 8 filles avaient été blessés dans les États de Jonglei, de l’Unité, du Nil supérieur et du Bahr-el-Ghazal occidental. Dans deux cas survenus en 2012, un enfant aurait été tué et un garçon de 6 ans blessé lors d’affrontements opposant la SPLA et la milice alliée à David Yau Yau, dans l’État de Jonglei. En outre, en avril 2012, quatre enfants ont été blessés par des restes explosifs de guerre à Bentiu, dans l’État de l’Unité. L’équipe spéciale a également reçu des informations faisant état d’enfants tués lors de bombardements aériens.

Pendant la période considérée, l’équipe spéciale a obtenu des informations sur huit cas de violences sexuelles dont 12 filles ont été victimes. Les coupables étaient apparemment des soldats de la SPLA dans les États de Jonglei, de l’Unité et du Bahr-el-Ghazal occidental pour six de ces cas. L’équipe spéciale a également dénoncé l’enlèvement de jeunes filles à des fins sexuelles dans le contexte d’un conflit intercommunautaire. Ainsi, à Pibor, dans l’État de Jonglei, une jeune fille a été enlevée par des hommes armés de la tribu Lou Nuer, qui l’ont retenue captive pendant des semaines et l’ont violée. Par ailleurs, en février 2012, deux jeunes filles ont été violées par des hommes armés en tenue militaire qui n’ont pas été identifiés à Mayendit, dans l’État de l’Unité.

La SPLA aurait utilisé 18 écoles à des fins militaires, dont 13 déjà en 2011. À la fin de 2012, 15 d’entre elles avaient été évacuées, mais ces pratiques auraient touché plus de 13 000 enfants. En octobre 2012, l’externat d’enseignement secondaire de Djouba, dans l’État d’Équatoria central, est resté fermé pendant une semaine, après que des manifestations estudiantines ont été violemment réprimées, à balles réelles, par la Police nationale du Soudan du Sud.

En 2012, 129 enfants ont été enlevés dans le cadre de conflits intercommunautaires et 243 autres ont été portés disparus. Si 110 enfants qui avaient été enlevés ont été retrouvés dans l’État de Jonglei au cours de la période considérée, on ignore toujours ce que les autres sont devenus. En juillet et août 2012, deux jeunes filles âgées de 10 et 13 ans auraient été enlevées par des membres de la SPLA dans l’État de Jonglei. L’ONU a demandé à la SPLA des explications à leur sujet, mais n’a reçu aucune réponse à ce jour.

L’équipe spéciale a reçu des informations concernant au moins 197 cas de déni d’accès humanitaire. Les effractions dans les complexes humanitaires et les actes de harcèlement et d’agression physique dont les travailleurs humanitaires ont été victimes sont venus compliquer leur accès à la population civile. Au cours du premier trimestre de 2012, neuf cas de violences commises à l’encontre du personnel humanitaire par des soldats de la SPLA ont été signalés dans les États d’Équatoria central et de Warrap.

Le 13 mars 2012, mon Représentant spécial a assisté à la signature par la SPLA d’un plan d’action révisé, par lequel elle s’engageait à nouveau à faire cesser et prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants. Depuis lors, un comité national, composé de membres de la Commission du Soudan du Sud pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration, d’officiers juristes de la SPLA, du porte-parole de la SPLA et de représentants de l’ONU, a été créé pour mettre en œuvre les dispositions du plan d’action.

Un système de repérage et d’identification rapides des enfants a été mis en place. Grâce à lui, 421 garçons et 29 filles qui cherchaient à s’enrôler volontairement dans les rangs de la SPLA en 2012 ont été repoussés. La SPLA a également émis plusieurs ordonnances militaires prévoyant son retrait des établissements scolaires et l’octroi d’un accès sans entraves aux représentants de l’ONU. L’équipe spéciale a eu accès, pendant la période considérée, à 71 casernes de la SPLA. Le Gouvernement a également commencé à mettre au point des systèmes d’enregistrement des actes d’état civil et des naissances. Sur les 252 garçons identifiés comme étant associés à la SPLA ou à des milices, 230 ont été libérés, et réunis avec leur famille et des mesures ont été prises pour faciliter leur réintégration.

Parties au Soudan du Sud

  • Armée populaire de libération du Soudan (SPLA).(a)Cette partie a conclu un plan d’action avec l’Organisation des Nations Unies conformément aux résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) du Conseil de sécurité. (a, b)
* Les parties dont le nom est souligné figurent dans les annexes depuis au moins cinq ans et sont donc considérées comme des parties qui persistent dans leurs actes. (a) Parties recrutant et utilisant des enfants.