La Représentante spéciale préoccupée par le recrutement systémique d’enfants à l’est de la RDC

New York - La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Leila Zerrougui, est préoccupée par les conclusions du rapport publié aujourd’hui par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) qui indiquent que le recrutement d’enfants par des groupes armés est systémique dans la République démocratique du Congo (RDC).

« Tous les partenaires impliqués dans la protection des enfants doivent veiller à ce que chacun comprenne que recruter des mineurs est non seulement inacceptable, mais c’est aussi illégal», a déclaré Leila Zerrougui.  « Les autorités de la RDC ont fait des progrès importants pour protéger les enfants touchés par les conflits armés. Le temps est venu d’intensifier leurs efforts pour s’assurer que tous les auteurs de violations répondent de leurs actes devant la justice. »

Le rapport indique qu’à l’est du pays, le recrutement d’enfants par des groupes armés demeure endémique. Entre Janvier 2012 et Août 2013, la MONUSCO a documenté et vérifié près de 1.000 cas de recrutement de mineurs par plus de 25 groupes armés. La moitié des cas a été attribuée à 3 groupes: les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Nyatura et le Mouvement du 23 mars (M23). Les données recueillies par la MONUSCO indiquent que près d’un tiers des cas documentés impliquent des enfants de moins de 15 ans, incluant des enfants de dix ans ou moins.

Violations graves des droits de l’enfant et réintégration dans les communautés

Dans la majorité des cas, les enfants ont été recrutés de force ou enlevés pour se joindre aux groupes armés. Ils ont été utilisés comme combattants ou dans des fonctions de soutien, comme cuisiniers, porteurs, gardes, espions ou esclaves sexuels. Plusieurs filles ont été violées ou victimes de violences sexuelles. Le rapport souligne également que les enfants réinsérés dans leurs communautés sont régulièrement stigmatisés ou persécutés, ce qui augmente le risque de re-recrutement.

Mme Zerrougui soutient les recommandations du rapport de la MONUSCO et lance un appel au gouvernement de la RDC, à la communauté internationale, aux donateurs et à tous les acteurs impliqués dans la protection de l’enfance à réévaluer les programmes de réintégration.

« Nous devons nous assurer que les enfants séparés de groupes ou forces armés reçoivent un soutien adéquat pour reconstruire leur vie dans un environnement sûr et à l’abri du risque de re-recrutement », a déclaré la Représentante spéciale.

Intégration des anciens combattants dans les FARDC

Le rapport mentionne que des membres des Nyatura – des groupes ayant recruté des enfants dans l’est de la RDC – se sont rendus aux Forces Armées de la République démocratique du Congo ( FARDC) et ont dans certains cas intégré les rangs de l’ armée nationale. Sans la mise en place de mécanismes de contrôle établis dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité, les auteurs de violations graves contre les enfants sont intégrés dans les forces de sécurité nationale en toute impunité.

«Je salue l’annonce faite aujourd’hui par le gouvernement de la RDC que des mesures seront prises pour empêcher l’intégration d’auteurs de violations des droits de l’enfant dans l’armée nationale. Nous observons des progrès constants dans la mise en œuvre du plan d’action signé l’an dernier par le gouvernement avec les Nations Unies pour mettre fin et prévenir le recrutement d’enfants ainsi que la violence sexuelle. Il est essentiel que le gouvernement poursuive ses efforts pour réaliser toutes les mesures prévues dans le plan d’action», a déclaré Leila Zerrougui.

La Représentante spéciale a ajouté que la protection des enfants doit être au cœur de tous les efforts de paix et de réconciliation dans le pays. Elle a réitéré son soutien au gouvernement et a appelé la communauté internationale à veiller à ce que des ressources suffisantes soient disponibles pour développer et garantir l’efficacité des programmes de réintégration et assurer la réussite de la mise en œuvre du plan d’action.

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