Le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les forces gouvernementales lors de conflits doivent cesser

La Représentante spéciale de l’ONU pour le sort des enfants en temps de conflit armé et l’UNICEF dévoilent la campagne Enfants, pas soldats

NEW YORK – La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Mme Leila Zerrougui, et le Directeur général de l’UNICEF, M. Anthony Lake, ont dévoilé aujourd’hui une nouvelle campagne visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les forces gouvernementales lors de conflits d’ici à 2016.

« Il y a maintenant un consensus entre les États qu’aucun enfant ne devrait être recruté ou utilisé par les forces gouvernementales lors de conflits », a déclaré la Représentante spéciale Leila Zerrougui lors du lancement de la campagne ‘Enfants, pas soldats’ à New York. « Le moment est venu pour la communauté internationale de s’unir et de tourner la page, une fois pour toutes, sur le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces de sécurité lors de conflits. »

Partout dans le monde, des milliers de garçons et de filles sont recrutés dans des forces gouvernementales et des groupes armés d’opposition pour servir comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers ou dans d’autres rôles. Les filles – et parfois les garçons – sont également recrutés à des fins sexuelles.

« Le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces armées doivent cesser, a déclaré le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake. Grâce à la campagne ‘Enfants, pas soldats’, cette question peut obtenir la priorité et l’attention qu’elle mérite. Quand nous aidons un ancien enfant soldat à surmonter une expérience aussi terrible et à se préparer à un nouvel avenir, nous faisons plus que réparer une vie brisée. Nous commençons à panser les blessures d’une nation déchirée par les conflits. »

La liste des parties à des conflits qui recrutent et utilisent des enfants figure dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés. Il y a dix ans, le Conseil de sécurité a demandé à toutes ces parties de travailler avec l’Organisation des Nations Unies et de préparer des plans d’action assortis d’échéances pour faire cesser et prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants. Grâce à ce mécanisme, le Conseil a permis aux gouvernements d’affirmer leur engagement à ce que les enfants ne fassent pas partie de leurs forces de sécurité et de recevoir l’aide nécessaire pour transformer cet engagement en réalité.

Actuellement, huit forces de sécurité gouvernementales figurent sur la liste des forces qui recrutent et utilisent des enfants. Au cours des trois dernières années, six de ces pays ont signé des plans d’action avec les Nations Unies : l’Afghanistan et le Tchad en 2011, suivis par le Soudan du Sud, le Myanmar, la Somalie et la République démocratique du Congo l’année suivante. Le Yémen et le Soudan ont exprimé leur engagement à  travailler vers des forces de sécurité sans enfants, et le dialogue avec les Nations Unies se poursuit.

Au cours des deux prochaines années, le Bureau de la Représentante spéciale, l’UNICEF, les Nations Unies et les ONG partenaires vont intensifier leur appui aux efforts déployés par ces huit gouvernements pour que les enfants retournent à la vie civile et que les plans d’action contre le recrutement soient intégralement mis en œuvre.

Cet appui comprendra l’expertise technique, l’identification des lacunes et des obstacles à la mise en œuvre de plans d’action et la mobilisation de ressources supplémentaires pour soutenir les programmes sur le terrain.

Alors que la campagne se concentre sur les forces gouvernementales figurant sur la liste du rapport du Secrétaire général, les Nations Unies continueront à lutter contre les violations graves commises par des groupes armés.

La campagne ‘Enfants, pas soldats’ sera lancée aujourd’hui à l’Organisation des Nations Unies, lors d’un événement organisé par S.E.M. Jean Asselborn, Ministre des affaires étrangères et européennes du Luxembourg. En janvier 2013, le Luxembourg a assumé la présidence du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé, pour un mandat de deux ans.

« Lorsqu’on les force à prendre part aux hostilités, lorsqu’on les oblige à devenir des instruments de la guerre, les droits les plus fondamentaux des enfants sont violés : leurs droits à la vie, à la santé, à l’éducation, à la protection contre la violence physique ou mentale », a déclaré M. Asselborn.

« Notre objectif commun est de faire en sorte que ces pays parviennent à traduire leurs engagements en actions concrètes. Nous devons maintenant galvaniser le soutien de la communauté internationale, des organisations régionales et de l’ensemble du système des Nations Unies pour nous assurer que l’on disposera des ressources et de l’expertise nécessaires pour atteindre notre objectif », a conclu la Représentante spéciale Mme Zerrougui.

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Note aux rédactions

Un plan d’action est un engagement signé qui permet à l’Organisation des Nations Unies de soutenir une partie au conflit figurant dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés en présentant des mesures concrètes et assorties d’échéances que cette partie doit prendre pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, ainsi qu’à d’autres violations graves, et à prévenir de tels actes. Les mesures demandées dans les plans d’action comprennent généralement, mais ne sont pas limités à, l’émission d’ordres militaires interdisant le recrutement et l’utilisation d’enfants, la criminalisation du recrutement et de l’utilisation d’enfants, la libération de tous les enfants se trouvant dans les rangs des forces de sécurité et la mise en place de programmes de soutien à leur réinsertion dans la vie civile, ainsi que l’inclusion de mécanismes de vérification de l’âge dans les procédures de recrutement et le renforcement des systèmes d’enregistrement des naissances.

Pour toutes informations supplémentaires:

Stephanie Tremblay, Chargée de la communication, Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, +1-212-963-8285 (bureau), +1-917-288-5791 (mobile), tremblay@un.org, www.childrenandarmedconflict.un.org

Najwa Mekki, UNICEF New York, +1-212-326-7448 (bureau), +1-917-209-1804 (mobile), nmekki@unicef.org, www.unicef.org

Hashtag de la campagne: #CHILDRENnotsoldiers et @ENFANTSpasSoldats