Liban

Information basée sur le rapport du Secrétaire-Général au Conseil de Sécurité (A/69/926–S/2015/409) publié le 5 juin 2015.

Le Liban a gravement souffert de l’insécurité, et les attaques au moyen d’engins explosifs improvisés, les affrontements urbains et les bombardements transfrontaliers à partir de la République arabe syrienne se sont poursuivis. Les attaques directes menées par des groupes armés contre l’armée libanaise ont été à l’origine d’affrontements violents, en particulier à Arsal (province de la Bekaa) et à Tripoli (province du Nord). L’ONU a recueilli des informations crédibles selon lesquelles des enfants de 14 ans à peine avaient rejoint des factions armées dans des camps palestiniens et des parties armées opérant en République arable syrienne, en particulier dans les zones frontalières. Elle a également reçu des informations vérifiées selon lesquelles 25 garçons au moins avaient été arrêtés par l’armée libanaise au cours d’opérations antiterroristes conduites principalement à Arsal et à Tripoli entre août et décembre, et placés en détention provisoire avec des adultes accusés d’atteintes à la sécurité nationale devant un tribunal militaire. À la mi janvier 2015, ces enfants ont été transférés dans le quartier de la prison réservé aux mineurs.

Selon différents témoignages concordants, au moins 17 garçons et 3 filles ont été tués et 4 garçons blessés, victimes de balles ou de balles perdues, pendant des affrontements armés en zone urbaine. Six d’entre eux (3 Libanais et 3 Syriens) auraient été tués au cours d’un bombardement le 17 janvier à Arsal par les Forces aériennes syriennes. Toujours à Arsal, un réfugié syrien de 15 ans a été sommairement exécuté en juin par des éléments d’al-Nusra.

Des établissements scolaires ont été endommagés et les activités d’enseignement perturbées du fait d’actes de violence armée, en particulier dans les environs de Tripoli, où 97 écoles ont servi d’abris, privant au moins 20 000 élèves de services d’éducation. Des incidents sporadiques de violence armée ont également entravé l’acheminement de l’aide humanitaire.

Comme suite à l’intensification des activités de recensement des enfants associés à des groupes armés, les autorités compétentes, la société civile et l’ONU ont mené des campagnes de sensibilisation pour faire en sorte que ces enfants reçoivent une aide et, notamment. bénéficient de programmes de protection et de réinsertion. Dans ce contexte, je me félicite de la signature par le Gouvernement d’un plan de travail visant à prévenir et à combattre la participation d’enfants à des actes de violence armée et je préconise la pleine application des dispositions qui y sont énoncées. Enfin, j’engage vivement le Liban à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.