Libye

Information basée sur le rapport du Secrétaire-Général au Conseil de Sécurité (A/69/926–S/2015/409) publié le 5 juin 2015.

En Libye, les conditions de sécurité se sont nettement détériorées en 2014, en particulier au cours du dernier trimestre. Des conflits armés internes ont éclaté dans diverses régions, notamment à Tripoli et Benghazi, les deux plus grandes villes libyennes. L’accès humanitaire et les activités de suivi ont continué d’être gravement entravés par l’insécurité, et la quasi-totalité des opérations de secours ont été suspendues à la suite de l’évacuation à l’étranger du personnel de l’ONU recruté sur le plan international.

Bien qu’aucune information vérifiée sur le recrutement et l’utilisation d’enfants ne soit disponible, l’association d’enfants à des milices armées continuait de susciter des inquiétudes. Au mois de mai, pendant l’opération Dignité menée dans l’est de la Libye, les forces fidèles au général Khalifa Haftar auraient capturé des dizaines d’hommes, et peut-être aussi des enfants, en raison de leur nationalité ou de leur appartenance politique ou religieuse, dont un garçon de 17 ans qui aurait été capturé avec trois autres jeunes, et qui, après avoir été torturé, serait décédé en détention à Benghazi.

L’ONU a reçu de nombreuses informations selon lesquelles des bombardements aveugles auraient été réalisés par toutes les parties au conflit, et des habitations délibérément détruites à Warchefana et à Benghazi. À la suite de l’escalade du conflit en mai, l’ONU a appris qu’une trentaine d’enfants auraient été tués dans tout le pays, mais le nombre réel de victimes est probablement plus élevé.

Le bombardement d’hôpitaux à Tripoli et à Benghazi a gravement entravé l’accès des enfants aux soins de santé. En juillet et en août, respectivement, l’hôpital Al-Afya et le Centre médical de Tripoli ont été la cible de bombardements. Selon certaines sources, en novembre, quatre agents de santé de l’hôpital général d’Haouari ont été enlevés mais ont réussi à s’échapper, et un autre a été tué par balle, ce qui a entraîné la démission de nombre de leurs collègues.

Le fait que des écoles et des hôpitaux auraient été utilisés par des groupes armés est également préoccupant. Ainsi, Ansar el-Charia aurait pris le contrôle de l’hôpital général de Benghazi, sur le toit duquel il aurait posté des tireurs d’élite. Dans l’est du pays, un grand nombre d’écoles étaient fermées depuis le mois de mai, y compris celles qui abritaient des déplacés, en raison de l’insécurité régnant dans cette région.

Dans l’ouest, des groupes armés affiliés à la coalition Fajr Libya ou à des groupes armés rivaux de Warchefana ou de Zintan ont enlevé des enfants au lendemain des combats à Tripoli et pendant les affrontements à Warchefana. Par ailleurs, des groupes armés auraient menacé des défenseurs des droits de l’homme d’enlever et de tuer leurs enfants s’ils ne mettaient pas un terme à leurs activités.