Inde

Information basée sur le rapport du Secrétaire-Général au Conseil de Sécurité (A/69/926–S/2015/409) publié le 5 juin 2015.

Le recrutement et l’utilisation d’enfants âgés, pour certains, d’à peine 6 ans par des groupes armés, notamment les naxalites, se sont poursuivis. Selon le Ministère de l’intérieur, les naxalites actifs dans les États du Bihar, du Chhattisgarh, du Jharkhand et de l’Odisha ont recruté des garçons et des filles âgés de 6 à 12 ans dans des formations d’enfants. Ils ont été utilisés comme informateurs et on leur a appris à combattre avec des armes rudimentaires telles que des bâtons. À partir de 12 ans, les enfants associés aux naxalites seraient transférés dans d’autres formations, où ils apprendraient à manier des armes et à manipuler des engins explosifs improvisés.

Lors de leurs campagnes de recrutement, qui visent les populations pauvres, les naxalites forcent les parents à leur céder leurs enfants sous la menace. De même, ils menaceraient les enfants de tuer des membres de leur famille pour les dissuader de s’échapper ou de se rendre aux forces de sécurité. En août, dans le district de Lakhisarai, les naxalites auraient exigé des familles qu’elles leur remettent des enfants et enrôlé ainsi une centaine de filles et de garçons âgés de 10 à 15 ans. À West Singhbhum, les forces de sécurité gouvernementales auraient arrêté un membre de groupe armé qui avait recruté 11 enfants âgés de 9 à 13 ans, dont 5 filles, alors qu’ils se rendaient dans un camp d’entraînement. Le recruteur aurait déclaré que son commandant avait insisté pour avoir des filles. D’après le Gouvernement, plusieurs femmes autrefois associées aux naxalites ont rapporté que, dans les camps, les agressions sexuelles étaient monnaie courante. La violence et l’utilisation des écoles comme terrain de recrutement ont perturbé la scolarité des enfants dans les zones où les naxalites étaient actifs.

L’ONU a également été informée que des enfants avaient été recrutés et utilisés dans les États d’Assam et de Manipur. Certains auraient été persuadés de s’enrôler dans des groupes armés faute d’autres moyens de subsistance, d’autres auraient été enlevés ou recrutés de force, des membres de leur famille ayant subi des pressions ou des menaces. Des rumeurs selon lesquelles des enfants seraient détenus dans des États en proie à la violence, notamment pour avoir participé à des groupes armés, continuent de susciter des inquiétudes.

Je suis préoccupé par les informations gouvernementales selon lesquelles des enfants seraient utilisés comme boucliers humains et comme combattants par les naxalites. Au cours de la période concernée par le rapport, les violences attribuable s à ce groupe auraient augmenté, faisant 89 tués parmi les civils et 48 parmi le personnel de sécurité, lors de 429 faits recensés au cours du seul premier trimestre. Des inquiétudes subsistent également à propos de meurtres ou d’atteintes à l’intégrité physique d’enfants dans les États du nord-est. Ainsi, le 23 décembre, dans l’Assam, le Front démocratique national de Bodoland aurait tué 75 civils, dont au moins 18 enfants, dans quatre attentats apparemment coordonnés.