Tchad

Information basée sur le rapport du Secrétaire-Général au Conseil de Sécurité (A/69/926–S/2015/409) publié le 5 juin 2015.

L’armée nationale tchadienne a été retirée de la liste annexée au précédent rapport (A/66/782-S/2012/61) après la mise en œuvre intégrale du plan d’action visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, signé avec l’ONU en 2011. Pendant la période considérée, aucun enfant n’a été recruté ni utilisé par l’armée nationale tchadienne. L’ONU a continué d’apporter son soutien au Gouvernement tchadien, en mettant particulièrement l’accent sur la formation, les mécanismes d’évaluation de l’âge et l’enregistrement des naissances.

Dans le cadre du suivi en cours, le Gouvernement a signé en septembre un protocole d’accord avec l’ONU concernant la remise des enfants associés aux forces ou groupes armés. Ce protocole dispose, entre autres, que les enfants en question doivent être remis aux organismes de protection de l’enfance, quel que soit leur pays d’origine, et que les enfants détenus doivent être dûment protégés. Avant son entrée en vigueur, 44 enfants associés à l’ex-Séléka en République centrafricaine étaient entrés au Tchad et avaient été arrêtés. Par suite de la collaboration entre l’ONU, le Gouvernement tchadien et une organisation non gouvernementale (ONG) nationale, ces enfants ont été relâchés et remis aux organismes de protection de l’enfance à des fins de regroupement familial et de réinsertion sociale. Ce protocole est en outre un moyen précieux d’assurer le transfert des enfants détenus dans le contexte des opérations menées contre Boko Haram.

Au total, 346 soldats de l’armée nationale tchadienne ont participé à des sessions consacrées à la protection de l’enfance et ont été formés pour exercer la fonction de formateur. La formation des Casques bleus tchadiens avant leur déploiement s’est poursuivie et 864 soldats y ont pris part avant d’être affectés à la mission de maintien de la paix déployée par l’ONU au Mali. Un contingent supplémentaire de 1 500 soldats a été formé à Lumia avant son départ pour le Mali.

L’instabilité dans les pays voisins que sont la Libye, la République centrafricaine et le Soudan, ainsi que la menace représentée par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, ont continué de peser sur le Tchad. Plus de 150 000 personnes ont fui la République centrafricaine et des milliers de Nigérians, dont une majorité d’enfants, sont entrés au Tchad pour échapper au conflit. Ces enfants, souvent séparés de leur famille, avaient connu la détresse et avaient besoin de soins particuliers. Cet exode a également eu des répercussions sur les localités frontalières où les services de protection de l’enfance sont rares et où le risque de recrutement par des groupes armés est élevé. J’appelle toutes les parties prenantes et la communauté des donateurs à mettre en place des mécanismes de surveillance et de protection appropriés dans le sud du Tchad et le bassin du lac Tchad afin de prévenir les violations et d’y mettre fin.

Je salue les efforts que ne cesse de déployer le Gouvernement tchadien pour renforcer la protection des enfants et prévenir de nouvelles violations. L’adoption d’un code de protection de l’enfance et du code pénal devrait renforcer encore le cadre législatif. Dans le contexte de sa participation aux opérations de maintien de la paix et aux opérations militaires contre Boko Haram, j’encourage le Gouvernement à continuer de jouer un rôle de premier plan dans les efforts visant à faire respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme. Compte tenu des progrès réalisés pour mettre en œuvre le plan d’action, la situation du Tchad ne fera plus l’objet du rapport en 2016.