En se mobilisant en faveur des enfants et des conflits armés, le Conseil de sécurité a élevé la protection de l’enfance à une question de paix et de sécurité internationale et cela a permis de donner plus de poids à l’action menée à leur égard.

En 1999, la résolution 1261 du Conseil de sécurité a reconnu la protection des enfants comme étant une question de paix et de sécurité internationale. Depuis lors, les rapports du Secrétaire général sur les enfants dans les conflits armés adressés au Conseil ont constitué une source d’information essentielle pour les mesures prises par les États Membres et les autres acteurs concernés.

Par sa résolution 1379 (2001), le Conseil de sécurité priait le Secrétaire général d’annexer au rapport annuel qu’il lui présente la liste des parties à des conflits armés qui recrutent ou utilisent des enfants. Avec la résolution 1460 (2003), le Conseil a appelé les parties aux conflits à élaborer des plans d’action clairs et assortis d’échéances pour mettre fin à toutes les violations commises contre les enfants. Ces plans d’action constituent un mécanisme qui force les parties à prendre des mesures concrètes pour s’acquitter de leurs obligations envers les enfants.

Une autre étape importante a été l’adoption de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité, qui a établi un mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur le sort des enfants en temps de conflit armé ainsi qu’un Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé. Collecter des renseignements sur les violations graves des droits de l’enfant, de manière à pouvoir prendre des mesures ciblées à l’encontre de leurs auteurs, a eu un effet à la fois préventif et dissuasif.

Dans sa résolution 1882 (2009), le Conseil a désigné comme domaines prioritaires cruciaux le meurtre et les mutilations d’enfants, les viols et autres formes de violence sexuelle dont ils sont victimes et a demandé aux parties à un conflit armé d’élaborer et d’appliquer des plans d’action pour mettre fin à ces violations. Dans la nouvelle résolution, le Conseil demande également un renforcement des communications entre son groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés et les comités des sanctions concernés du Conseil de sécurité en vue de prendre des mesures ciblées contre les auteurs persistants de violations.

En outre, en juin 2010, le Conseil a indiqué, par la voix de son président (S/PRST/2010/10), son intention d’imposer des sanctions à tous ceux qui seraient cités de façon persistante dans la liste parce qu’ils violent les droits des innocents.

Depuis l’adoption de la première résolution, les mesures prises par le Conseil de sécurité ont permis des progrès concrets. Des plans d’action tant officiels qu’officieux ont été conclus entre parties aux conflits et on permit de recenser enrôlés par des forces combattantes et d’empêcher de nouveaux recrutements. Des milliers d’enfants associés à des groupes armées ont été libérés. Rien qu’en 2010, 1 843 personnes recrutées alors qu’elles étaient mineures par le Parti communiste unifié du Népal (maoïste) ont été libérées. Le Burundi a été retiré de la liste annexée au rapport annuel du Secrétaire général après vérification par l’ONU que tous les enfants associés aux Forces nationales de libération avaient été rendus à leur famille. Il a également été confirmé que les Forces avaient cessé d’en recruter.