Liban

Information présentée dans le rapport annuel du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (A/70/836–S/2016/360) publié le 20 avril 2016.

Les enfants ont souffert de l’intensification des affrontements dans la province de la Bekaa et dans le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn el-Héloué, des bombardements à Tripoli et à Beyrouth ainsi que des actes de violence le long de la frontière avec la République arabe syrienne et de la Ligne bleue qui sépare Israël du Liban.

L’ONU a continué de recueillir des informations sur des cas de recrutement et d’exploitation d’enfants par les groupes armés étrangers et locaux, notamment pour ce qui est des garçons âgés de 15 à 17 ans ayant été envoyés en République arabe syrienne. Dans la majorité des cas, un lien a pu être établi avec le Front el-Nosra; toutefois, il semble que des enfants aient également été recrutés par d’autres groupes armés qui soutiennent les forces gouvernementales syriennes, y compris le Hezbollah. En outre, l’ONU a établi que des garçons et des filles âgés de 15 à 17 ans ont été recrutés et exploités par des factions de l’armée palestinienne et d’autres groupes armés présents au Liban. Les garçons auraient été affectés aux points de contrôle ou auraient servi de gardes tandis que les filles auraient exécuté des fonctions d’appui.

Comme je l’ai indiqué dans mon précédent rapport (A/69/926-S/2015/409), je constate avec préoccupation que des enfants sont placés en détention provisoire et accusés d’atteinte à la sécurité nationale devant un tribunal militaire. Quinze garçons (âgés de 14 à 17 ans au moment de leur arrestation) étaient toujours en détention à la fin de l’année 2015.

L’ONU a confirmé que 14 enfants avaient été victimes de restes explosifs de guerre dans le sud du Liban (2 morts, 9 blessés), de balles perdues durant les cérémonies de deuil du Hezbollah (1 mort, 1 blessé) et de tirs croisés (1 blessé).

Durant les violences qui ont éclaté entre les factions armées dans le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn el-Héloué, six établissements d’enseignement et deux centres médicaux des Nations Unies ont été endommagés par des tirs et quatre bâtiments scolaires des Nations Unies ont été occupés par des éléments armés.

Je me félicite que le Gouvernement ait redoublé d’efforts pour appliquer le plan de travail visant à prévenir et à combattre la participation des enfants à des actes de violence armée au Liban, qui a été conclu en août 2014. J’engage une fois de plus vivement le Liban à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, qu’il a signé en 2002.