Mali

Information présentée dans le rapport annuel du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (A/70/836–S/2016/360) publié le 20 avril 2016.

Malgré l’accord de paix signé entre le Gouvernement, la coalition des groupes armés Plateforme et la Coordination des mouvements de l’Azawad en mai et en juin, les affrontements se poursuivaient dans le nord du Mali à la mi-2015. La période considérée a également été marquée par l’augmentation des attaques extrémistes violentes et asymétriques. C’est ainsi que 109 violations graves confirmées et 129 autres non attestées ont été signalées.

Le nombre de cas signalés de recrutement et d’exploitation d’enfants par des groupes armés s’élève à 127, dont 30 ont pu être confirmés. En outre, 27 cas de ce type signalés à Inékar, dans la région de Gao, imputables au Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghad et à leurs alliés, ont été attestés en mars 2016 et 47 autres n’ont pu être confirmés. Au 31 décembre, sur les 32 enfants accusés d’atteinte à la sécurité qui avaient été arrêtés, 4 demeurent détenus à Bamako et Koulikoro. L’ONU a poursuivi sa collaboration avec les autorités maliennes afin de veiller à l’application du Protocole relatif à la libération et au transfert des enfants associés aux forces et groupes armés signé en 2013. Au cours de la période à l’étude, l’Organisation a mis en évidence la détention de 14 enfants par des groupes armés.

L’ONU a confirmé que 12 enfants avaient été tués et 39 autres blessés durant des tirs de roquettes et des tirs croisés, ainsi que lors d’attaques au moyen d’engins explosifs improvisés et par des restes explosifs de guerre. Bien qu’il n’ait pas toujours été possible d’en identifier les auteurs, la Coordination des mouvements de l’Azawad aurait été impliquée dans au moins deux de ces attaques. Dans un des cas, deux garçons soupçonnés d’être rattachés aux groupes armés et d’avoir participé à une attaque ont été lynchés, et leurs cadavres ont été démembrés et brûlés par la foule.

Il a été possible de confirmer 22 cas de viols et d’autres sévices sexuels perpétrés contre des enfants, dont 3 commis par les Forces de défense et de sécurité maliennes, 1 par la coalition Plateforme et 18 par des auteurs non identifiés.

Quatre attaques et menaces d’attaques visant les établissements d’enseignement et le personnel protégé ont été attestées, dont une attaque avait été perpétrée par la Coordination des mouvements de l’Azawad, et une autre par le Front de libération du Macina[1]. Ce dernier groupe a exécuté le chef du village de Dogo, dans la région de Mopti, au motif qu’il aurait demandé l’appui des autorités après avoir reçu l’ordre de fermer les écoles laïques. Il a aussi proféré des menaces à l’encontre des enseignants de six communes de la région, ce qui a abouti à la fermeture de 93 établissements. Le nombre de bâtiments scolaires utilisés à des fins militaires par des groupes armés a fortement diminué, passant de 20 en 2014 à 7 en décembre 2015.

L’environnement opérationnel est des plus instables et les attaques ciblées contre le personnel et les installations humanitaires ont contribué à l’interruption des envois de secours. Lors d’un incident attesté, la Coordination des mouvements de l’Azawad a obligé une organisation non gouvernementale médicale internationale, qui prêtait son concours à deux centres de santé dans la région de Tombouctou, à quitter les lieux.

Compte tenu des menaces qui pèsent de plus en plus sur l’enseignement, l’ONU a entamé un dialogue avec le Ministère de l’éducation sur la protection des établissements scolaires. L’action visant à associer la Coordination des mouvements de l’Azawad à la prévention et l’élimination des violations graves à l’encontre des enfants s’est poursuivie et des mesures ont été prises en vue d’élaborer un plan d’action en collaboration avec le Mouvement national de libération de l’Azawad. En octobre, l’ONU a aidé les autorités maliennes à élaborer une stratégie visant à extraire les enfants des groupes armés et à les réintégrer dans la société. J’invite les autorités maliennes et les parties œuvrant à l’application de l’Accord de paix à porter une attention particulière aux droits et aux besoins propres aux enfants.

Parties au Mali

  1. Mouvement national pour la libération de l’Azawada, c
  2. Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouesta, c
  3. Ansar Eddinea, c

a Parties qui recrutent et utilisent des enfants.
b Parties qui tuent et mutilent des enfants.
c Parties qui commettent des viols et d’autres formes de violence sexuelle contre des enfants.
d Parties qui attaquent des écoles et/ou des hôpitaux.
e Parties qui enlèvent des enfants.